Charlotte Gainsbourg / Flavien Berger
CHARLOTTE GAINSBOURG: De nouvelles musicales, la fille de Serge et Jane n’en avait plus donné depuis sa collaboration avec Beck et la sortie de Stage Whisper (2011), se consacrant principalement à nourrir à force de rôles tourmentés une admirable carrière d’actrice. Divine surprise alors quand paraît Rest en novembre dernier, cinquième album intime composé en collaboration avec SebastiAn et comptant une participation de «Guy-Man» des Daft Punk. Autoportrait endeuillé où plane les fantômes de son père et de sa sœur Kate, ce geste somptueux, chanté en français, lui a valu d’être couronnée «artiste féminine de l’année» aux dernières Victoires de la musique. Huit ans après sa prestation magnétique au Miles Davis Hall, Charlotte Gainsbourg est enfin de retour à Montreux.
FLAVIEN BERGER: Étiqueter la musique du Parisien, on n’y songe pas! En vrai, on en est toujours à explorer Leviathan (2015), premier album évolutif, luxuriant, halluciné, qui à chaque écoute révèle des niveaux d’écoute insoupçonnés. Empruntant à Kraftwerk, Etienne Daho, Elli et Jacno ou aux BO de jeux-vidéo, cet «éditeur d’idées» grandi dans une famille de cinéastes se joue des codes communément admis de l’expression pop. Formé au design sonore à la très respectable École nationale supérieure de création industrielle, puis devenu membre du collectif interdisciplinaire Sin, le trentenaire étire ses titres, qu’ils soient énergiques ou contemplatifs. Sublime et médusant, comme le serait une fête foraine hantée nichée au creux d’une sombre forêt…
A gagner: 2x 2 billets
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