Par Gintersdorfer/Klaßen
Le Président, Lino Versace, Solo Béton, Boro Sanguy et les autres membres du groupe « La Jet Set » ont introduit le coupé-décalé dans les boîtes de nuit de la diaspora ivoirienne à Paris en 2003 comme une façon de résister, à travers la fête et le glamour, à la guerre civile.
Créé à une époque de crise et de précarisation en Côte d’Ivoire, le coupé-décalé apparaît dans un monde parallèle entre Paris et Abidjan dans lequel les stratégies individuelles de survie naissent d’un savant mélange d’affirmation de soi, de dandysme et de glamour, d’un jeu de force avec les codes et les clichés. Il s’agit d’exister, de s’inventer et de faire parler son nom. En argot ivoirien, « couper » signifie tricher, voler ou arnaquer. Dans les rues de Paris, il a pris le sens de tricher, voler ou arnaquer, tandis que « décaler » est synonyme de s’enfuir. La mise en scène théâtrale, l’invention constante de nouvelles formes de danse et le luxe ostentatoire des tenues vestimentaires sont essentiels au coupé-décalé. L’image bling-bling, qui s’oppose à la vision répandue de l’immigré précaire, les rend invulnérables et défie le regard blanc et masculin. Une société parallèle est créée selon le principe de la revalorisation et de l’extravagance.
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